Markha Valley

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Le récit de nos deux semaines au Ladakh (petit aparté sur le nom Ladakh, qui signifie ‘la terre des nombreux cols’) a commencé à Londres, par une discussion avec nos copains PA et Elsa, et qui s’est terminée avec la certitude que nous irions voir cette partie des Himalayas de plus près.

A l’époque où nous finissions notre périple en Inde, c’était la fin du mois de mars et à ce moment là de l’année, les routes étaient encore bien encombrées de neige, donc on avait décidé de reporter cette étape un peu plus tard dans le voyage. Grand bien nous en a fait, c’est certainement une région qui nous aura marqués. Physiologiquement d’abord, avec l’altitude et le manque d’oxygène qui nous a fait haleter après chaque effort. En effet lorsqu’on atterrit à Leh, la capitale du Ladakh, on est à 3500m d’altitude, et quelques jours d’acclimatations sont nécessaires avant de se lancer dans tout effort physique. Esthétiquement ensuite avec des panoramas à couper le souffle à chaque qu’on lève les yeux. Du moment où on a aperçu ce tapis de sommets depuis le hublot de l’avion jusqu’au départ, pas un matin ne s’est levé sans qu’on puisse en admirer la splendeur. Elle se manifeste aussi dans la pureté des neiges éternelles, baignées dans une lumière et une quiétude dont seule la montagne a le secret. Une foule de sentiments se mélangent : la gratitude d’être au milieu des Himalayas, cette chaîne de montagnes mythique, l’humilité au souvenir de récits de montagnes lus dans des livres ou vus dans des films, tout cela bien ancré par des scènes de vie locale dont on est témoin tous les jours… Toujours est-il qu’une sorte d’intuition pousse à être dédié à l’instant présent, dans cet environnement dont on sait qu’il peut devenir hostile à tout moment.

Et puis on se sent bien chez les Ladakhis. En particulier chez notre hôte Jigmet à Leh, dont le potager a plus d’une fois suscité l’admiration des voyageurs. C’est un petit bout de vie qu’on a l’impression de partager, comme ça se confirmera plus tard durant nos balades.

Après nos 3 jours d’acclimatations à Leh, nous voilà embarqués dans le trek de la Markha valley, un des treks les plus fameux dans la région. Mais nous sommes à l’ouverture de la saison alors on aura la chance de découvrir l’immensité de ces paysages en toute intimité si on peut dire. Notre petite équipe s’émerveille pendant tout le trajet, chaque jour apportant son lot de nouvelles beautés. Des crêtes montagneuses à perte de vue, des flancs abrupts taillés dans des roches aux tons violets et verts, des ravins recouverts de neige, des monastères bouddhistes (gompas) perchés sur les flancs des sommets, des alpages verdoyants et rocailleux faisant le bonheur des yaks et des Ox, des vallées où coule la rivière de la Markha… A chaque fois que l’on croise une stupa ou un mur Mani (muret recouvert de pierres plates méticuleusement gravées de prières), notre guide les contourne dans le sens des aiguilles d’une montre, conformément à la tradition bouddhiste lamaïste. On rencontre ceux qui acheminent des provisions à dos d’âne, ou de poney du Zanskar. On passe par des petits hameaux de maisons ladakhies, reconnaissables à leurs toits plats souvent recouverts de foin et leurs murs blancs percés de fenêtres encadrées de bois sculpté. Un enclos en pierre est souvent monté à côté de la maison pour les bêtes. On croise parfois des pièges à loup, mur de pierre de forme circulaire, dont le diamètre se réduit à mesure que le mur s’élève. Une chèvre est sacrifiée pour attirer le loup qui, une fois à l’intérieur, ne peut plus ressortir.

On s’est arrêtés dans des homestays les trois premières nuits, une super opportunité de partager le repas préparé par une des familles du village, un vrai bonheur en comparaison les piques niques frugaux qui nous étaient fournis pour le midi. Ces homestays étaient aussi l’occasion de voir l’organisation de la maisonnée et d’entrevoir quelques bribes de leur vie avant de s’endormir, les yeux rivés sur les jolis plafonds tapissés de baguettes de bois de saule. On renoue également avec les joies des feuillées à l’ancienne : un bâtiment sur pilotis, un trou dans les planches, et la performance du visiteur précédent timidement recouverte de compost, c’est un vrai délice. Pour rajouter à l’authenticité de l’expérience, il faut préciser que le tout est situé à l’extérieur de la maisonnée principale, et que le soir les températures sont négatives, avec régulièrement de la pluie ou de la neige. Pendant la nuit cela nous aura valu quelques longues minutes d’insomnie, en proie au dilemme quant à la nature pressante ou non de nos envies ! Ne nous plaignons pas, les douches au seau d’eau chaude chauffée à la citerne solaire nous assuraient un certain confort après nos longues journée de marche!

L’avant dernière journée de marche sera marquée par un orage de neige de grêle qui aura surpris son petit monde, à coups d’éclairs et de grondements, au beau milieu du plateau qui menait à notre dernier bivouac. Situé juste en contrebas du col de Kong Marula, nous découvrons un campement de tentes entouré de la cuisine et d’un abri, construits dans la veine ladakhie, avec un muret de pierres recouvert d’un petit chapiteau de toile blanche. Super ambiance car tous les marcheurs se réunissent pour l’unique service, puisqu’il n’y a guère d’autre refuge. La nuit fût froide sous notre tente, mais tout est prévu par le camp, et on nous avait heureusement donné des couvertures en plus de notre duvet. Et ce n’était pas superflu, eu égard à la tempête de neige qui s’est déclenchée pendant la nuit ! Un régal pour la pause technique du milieu de la nuit -inévitable avec les litres d’eau consommés pour éviter les maux de tête-, ainsi que le matin au réveil !

Petit déjeuner vite pris, et on commence une ascension intense de 2 heures et 500m de dénivelé, jusqu’au sommet. On est super heureux d’arriver au point culminant de notre trek, c’est le cas de le dire, à 5260m d’altitude. On réalise qu’on est quelques 400m plus haut que le Mont Blanc, et on ressent un petit moment de victoire dont on n’est pas peu fiers !;-) Notre guide nous fait scander une prière bouddhiste, traditionnellement chantée à la fin d’une ascension afin de remercier la montagne et lui demander sa protection. Vous pourrez voir cette séquence glorieuse sur notre page Facebook dans une petite vidéo !

Commence ensuite une longue descente de 6 heures dans les cailloux, dont nos frêles chevilles tâteront le goût encore quelques jours après l’arrivée ! Après ces 5 jours forts en émotions, quel bonheur de retrouver un bon lit ainsi qu’une vraie douche et des repas plus variés !

More pictures on our Facebook page.

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Misty arrival in Nimaling
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Ladakh landscapes
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Ladakh landscapes
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One of the homestay we stayed at
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Ladakh landscapes
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Top of Kong Marula: 5260m!
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Ladakh landscapes

English version :

The narrative of our two weeks in Ladakh (Ladakh means ‘the land of many passes’) should go back to that chat with our friends PA and Elsa. From then on we knew we would end up in this part of the Himalayas at some point. We ended our tour of India at the end of March and at that time of the year the roads were still full of snow, so we decided to postpone a little later in June. It is certainly a region that will have left a deep impression on us. Physiologically first, with the altitude and lack of oxygen that made us pant after every effort. Indeed, when you land in Leh, the capital of Ladakh, you are at an altitude of 3500m, and a few days of acclimatization are necessary before doing any serious physical effort.
Aesthetically then with breathtaking panoramas everywhere you look. The minute we saw this concentration of peaks from the window of the plane until the moment we left, we could only praise the nature for all this beauty. The purity of the permanent snow, bathed in a light and a quietude of which only the mountain has the secret. We felt grateful to be in this mythical chain of the Himalayas, and humble thinking of mountains’ stories read in books or seen in movies. This mix bag of feelings somehow prompted us to be fully dedicated to the very moment, within an environment that could become hostile at any time. All in all, we felt good among the Ladakhis, especially at our host’s guesthouse, Jigmet, whose garden has more than once aroused interest of travelers.

After our 3 days of acclimatization in Leh, we go for the Markha Valley trek, one of the most famous treks in the region. But the season is just opening so we will be lucky enough to discover the immensity of these landscapes in almost complete privacy. Our little team marvels all the way, each day bringing its share of new beauties. Mountain ridges as far as the eye can see, steep sides cut in rocks with purple and green tones, ravines covered with snow, Buddhist monasteries (gompas) on the slopes of the peaks, verdant and rocky alpine pastures for the yaks and the Ox, the Markha river running through the valley…
Every time we cross a stupa or a Mani wall (a wall covered with flat stones meticulously engraved with prayers), our guide circumvents them clockwise, according to the Lamaist Buddhist tradition. We see people transporting provisions on the back of donkeys or Zanskar ponies. We pass through small hamlets of ladakhie houses, recognizable by their flat roofs often covered with hay and their white walls with windows framed by carved wood. A stone enclosure is is often mounted next to the house to keep the livestock. We sometimes see wolf traps, a circular stone wall whose diameter is reduced as the wall rises. A goat is sacrificed to attract the wolf and once inside, it can not come out again.

We stopped in homestays the first three nights, a great opportunity to share the meal prepared by one of the families of the village, a real treat compared to the frugal picnics that were provided to us for lunch. These homestays were also the occasion to see the organization of the household and to glimpse some bits of the family life. Before falling asleep, our eyes riveted on the pretty ceilings lined with wands of willow wood. We also reconnected with the joys of old-fashioned foliage: a small house on stilts, a hole in the planks, and the performance of the previous visitor timidly covered with compost, it is a true delight. As the toilets are located outside the main household, you can tell how enthousiastic we were to go outside at night when the temperatures are negative, and a light rain or snow is escorting you ! It is fair to say that it will have been the center of our attention every night, causing long minutes of insomnia, as to whether we could wait to go or not. There are trivial -nevertherless important- choices you got to make sometimes ! But let’s not complain, the hot water bucket shower (thumbs up for the solar tank!) was already of great comfort after our long day of walking!

On the penultimate day of the trek we were surprised by a hailstorm, with lightning and rumbling in the middle of the plateau leading to our last bivouac. Located just below the Kong Marula pass, we found a camp of tents surrounded by a kitchen and a shelter, built in the ladakhie style, a stone wall covered with a small marquee of white linen. There was a great atmosphere because all the walkers come together for the only service, since there is no other refuge. The night was cold in our tent, but everything was planned by the camp, and fortunately we were given blankets on top of our sleeping bags. And it was not superfluous, considering the snow storm that occurred during the night! A pleasure for the strolls to the toilets – inevitable with the liters of water consumed to avoid headaches – as well as in the chilly morning !

Just after a quick breakfast, we started an intense ascent of 2 hours and 500m up to the summit. We were very happy to arrive at the climax of our trek, at 5260m altitude as we also realized that we were some 400m higher than the Mont Blanc ! Our guide made us chant a Buddhist prayer, traditionally sung at the end of an ascent to thank the mountain and ask for its protection. You will see this glorious sequence on our Facebook page in a small video!

Then began a long descent of 6 hours in the pebbles, which our frail ankles will still remember a few days after the final point of our trek! After these 5 days, what a joy to go back to a good bed, a real shower and more food choices!

3 thoughts on “Markha Valley

  1. Il faudrait faire faire un drapeau pour 80locomotion!!!
    Superbe, je ne suis jamais déçue tant par les photos que par les textes.
    Travail en binôme????
    Je vous serre bien fort dans mes bras

    Liked by 1 person

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