Varanasi

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Nous ne pouvions pas passer trois mois en Inde sans faire un crochet par Varanasi. Ce haut lieu de pèlerinage pour les hindous, où beaucoup de gens choisissent de finir leurs jours, résume beaucoup d’aspects de l’Inde. Une arrivée chaotique, avec un long trajet en bus et tuk-tuk depuis l’aéroport sur des routes en piteux état, bondées de véhicules de toute sorte, le bruit assourdissant et à la longue agressif des Klaxons, des gens qui doublent, qui traversent à l’improviste, qui crachent leur bethel, qui hèlent les touristes pour les rabattre. Ceux qui déambulent, portant des chargements de toutes formes, volumes et poids. Les vaches, les chiens, les singes, les cages à poules. C’est aussi une immersion dans des couleurs vives et des odeurs fortes, où les senteurs de bouses de vache succèdent à celle de l’eau croupie et du gourbis de la ville, dans le contraste entre les femmes apprêtées et les mendiants estropiés, dans les aléas de ceux qui marchent avec un but et les autres qui observent, ou qui piquent un somme dans des postures improbables. Les marchands dans leurs échoppes s’affairent, les uns s’arrêtent pour manger debout au milieu de toute cette agitation, tandis que les scooters et motos tentent de se faufiler dans les rues étroites et encombrées.

Arrivés à notre guest house, nous faisons une sieste rapide pour nous remettre de notre lever matinal et de cette arrivée mouvementée, et nous partons vers les ghats (les quais sur le Gange). Nous y trouvons une sorte de sérénité, empreinte de spiritualité. L’atmosphère est apaisante, une sorte d’état de grâce où tout redevient magnifique alors qu’une heure avant tout ne semblait que lutte. C’est aussi comme ça que nous vivons l’Inde, on ressent tout et son contraire dans un espace temps très réduit, un ascenseur émotionnel perpétuel qui peut parfois être fatiguant mentalement.

Pendant notre balade, nous nous sommes arrêtés au Manikarnika ghat communément appelé le ‘burning ghat’. C’est ici que les morts sont tout d’abord immergés dans le Gange pour être purifiés, puis placés sur des bûchers. Les restes sont remis au Gange après la crémation. Ce rituel stoppe le cycle de réincarnation et permet au défunt d’accéder directement au Nirvana (Paradis). La réincarnation vous destine à une nouvelle vie qui prend en compte les pêchés commis dans la vie précédente. Elle est donc forcément moins bonne et c’est là tout l’intérêt de stopper le cycle. L’ambiance est recueillie mais sans pleurs, qui pourraient perturber la montée de l’âme vers le Nirvana. On n’a pas besoin d’être un familier du défunt pour approcher du bûcher, la proximité est frappante. Les Doms sont la caste des intouchables chargés des rites funéraires, et assistent les familles lorsqu’il y en a, ou organisent eux mêmes la cérémonie lorsqu’il n’y en a pas. Les crémations se poursuivent jour et nuit.

Notre balade nous a aussi menés au ghat principal où nous avons assisté à la Ganga puja du soir (offrande/ prière au Gange). Cette cérémonie se compose de chants, de sons de cloches en continu, d’offrandes de fleurs, de lumignons et d’encens. Une foule immense assiste aux puja qui se déroulent le matin et le soir sur plusieurs ghats.

Le lendemain matin, notre réveil a encore sonné très tôt, puisque nous avons fait la traditionnelle balade en bateau pour le lever du soleil. Les premiers rayons sur le fleuve tout calme sont déjà un souvenir inoubliable. L’ambiance est très paisible, dans notre barque qui avance à la rame, nous suivons le rythme lent de Varanasi qui s’éveille. Les pèlerins viennent prier et s’immergent plusieurs fois dans le Gange. Il y a aussi ceux qui viennent tout simplement se laver ou faire leur lessive (car le Gange purifie le corps et les vêtements) sans se soucier de l’état de pollution avancé du fleuve sacré.

Varanasi ce ne sont pas que les ghats et les grandes avenues saturées, c’est aussi la vieille ville avec son dédale de ruelles très étroites, parsemées de temples, de magasins en tout genre, de petits restaurants, de confiseurs, ou de stands de nourriture. On s’y croise, on évite les scooters et les vaches (on les sent passer de près dans ces passages minuscules), on s’y perd mais heureusement il y a Google maps (sans nul doute le meilleur ami de Lolo pendant ce voyage).

Chose amusante, nous avons croisé totalement pas hasard non loin de ces petites rues Rich et Georgia, avec qui nous avions fait le trek à Munnar. Ils sortaient d’une galère de train alors nous nous sommes convenus d’un déjeuner le lendemain où nous avons échangé sur nos aventures respectives lors du dernier mois et demi (déjà !)

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ghats
The ghats
Bull
Holy man handling stubborn cow!
lady
Before Ganja Puja
ganja puja
Ganja Puja
pilgrim
Man praying on the ghats
sunrise
Sunrise during our morning ride on the river

English version:

We could not spend three months in India without going to Varanasi. This spiritual capital for the Hindus, where many people choose to end their days, summarizes many aspects of India. A chaotic arrival, with a long bus ride and tuk tuk from the airport on dingy roads, crowded with vehicles of all kinds, the deafening and long aggressive sound of the horns, people doubling, crossing unexpectedly, spitting their bethel, hailing the tourists. Those who wander, carrying loads of all shapes, volumes and weights. Cows, dogs, monkeys, chicken in cages. It is also an immersion in bright colors and strong smells, where the scents of cow dung succeed to that of the stagnant water. Nicely dressed women contrast with crippled beggars, some walk with a goal, others observe, or take a nap in unexpected postures. The merchants in their stalls are busy, some take a break to eat, standing amidst all this agitation, while scooters and motorcycles try to sneak through the narrow and crowded streets.

After arriving at our guest house, we took a quick nap to recover from our early start and this lively arrival. Then we headed towards the ghats (a flight of steps leading down tothe Ganges). We found there some kind of serenity, and spirituality with a soothing atmosphere.  A sort of grace where everything becomes magnificent again when an hour before all seemed to be so hectic. This is actually how we felt in India,  you can have everything and its opposite in a very short time, a perpetual change in emotions that can sometimes be mentally tiring.

During our stroll, we stopped at Manikarnika ghat commonly called ‘burning ghat’. It is here that the dead are first immersed in the Ganges to be purified and then placed on pyres. The remains are handed over to the Ganges after cremation. This ritual stops the cycle of reincarnation and allows the dead to directly access the Nirvana (Paradise). Reincarnation leads to a new life that takes into account the sins committed in the previous life. Therefore this new life is automatically worse and this is the whole point of stopping the cycle. The atmosphere is calm and collected, without cries (which could disrupt the rise of the soul towards Nirvana). One does not have to be a familiar of the deceased to approach the pyre, and the proximity is striking. The Doms are the caste of the untouchables responsible for the funeral rites, and they provide assistance to the families when there is one, or organize the ceremony themselves when there is none. The cremations continue day and night.

Our walk also took us to the main ghat where we attended the evening Ganga puja (offering / praying at the Ganges). This ceremony consists of songs, continuous bell sounds, flower offerings, candles and incense. A huge crowd attends the puja which takes place daily, morning and evening on several ghats.

The next morning, we woke up again very early, in order to see the sunrise from the river. The first rays on the quiet river are already an unforgettable memory. The atmosphere was very peaceful on our boat, rowing, we followed the slow pace of Varanasi waking up. The pilgrims come to pray and immerse themselves several times in the Ganges. There are also those who just take a bath or do their laundry (the Ganges is meant to also purify the body and clothes) without worrying about the state of advanced pollution of the sacred river.

Varanasi is not only about the ghats and saturated avenues, it is also about the old city with its maze of narrow alleys, dotted with temples, shops of all kinds, small restaurants, confectioners, or food stalls We cross paths, avoiding scooters and cows in these tiny passages, we get lost but thank God we have Google maps (without a doubt Lolo’s best friend during this trip ).

Funny enough, we bumped into Rich and Georgia, with whom we had done the trek in Munnar. They were coming out of a train nightmare so we agreed on a lunch the next day where we discussed our respective adventures in the last month and a half (already!)

2 thoughts on “Varanasi

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